Discours de Madame Aurore Bergé | Ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations
Mercredi 22 octobre 2025
Publié le |
Quatrième conférence ministérielle des politiques étrangères féministes - Cérémonie d’ouverture
Seul le prononcé fait foi
Monsieur le Ministre, Jean-Noël Barrot,
Messieurs les Ministres, Nasser Bourita (Maroc), José Manuel Albares (Espagne),
Madame la Directrice exécutive d’ONU Femmes, Sima Bahous,
Madame la Directrice exécutive du Club des Jeunes filles leaders de Guinée, Oumou Khaïry Diallo,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations de la société civile,
Mesdames, Messieurs,
La France est fière.
Fière de vous accueillir pour cette 4ᵉ Conférence ministérielle des diplomaties féministes.
Fière de rassembler au cœur de Paris celles et ceux qui partagent cette conviction profonde : les droits des femmes et l’égalité des genres ne connaissent ni frontière ni exception.
Ce sont des principes universels.
Aujourd’hui, nous portons un message clair et urgent : nous ne céderons rien.
Nous ne laisserons personne nous arracher nos droits, nos voix, nos vies.
Nous refusons que l’extrémisme, la violence et la domination dictent la marche du monde et l’imposent à nos filles.
Aujourd’hui, nous affirmons ensemble : résister est notre devoir, agir notre responsabilité.
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Pour agir, il nous faut regarder le monde tel qu’il est.
Partout dans le monde, les droits humains – et en particulier ceux des femmes – sont attaqués.
Ces dernières années, nous avons malheureusement appris que l’histoire ne progressait pas toujours en ligne droite,
Que ce qui a été conquis hier par des générations de combattantes et de combattant de l’égalité, souvent de haute lutte, peut être remis en cause aujourd’hui et détruit demain.
Oui, des avancées se transforment en reculs.
Des États puissants contestent ouvertement et reviennent sur les libertés les plus fondamentales.
Des idéologies extrémistes, religieuses, identitaires ou néo-conservatrices veulent faire disparaître les femmes de l’espace public, leurs corps, leurs visages, leurs voix, leurs rires, criminaliser leur autonomie, interdire leur éducation.
Les violences sexuelles sont utilisées comme armes de guerre et du terrorisme.
L’accès à l’éducation, à la formation, à l’émancipation économique est systématiquement fragilisé.
Ces attaques détruisent des vies, elles ralentissent des sociétés, elles menacent la paix, le développement, la démocratie.
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C’est dans ce contexte que la diplomatie féministe prend tout son sens.
La France a fait un choix clair : celui d’une diplomatie féministe universaliste, lucide et offensive.
Une diplomatie féministe qui ne hiérarchise pas les causes, qui ne relativise pas les droits.
Une diplomatie féministe qui affirme, sans la moindre hésitation : la dignité d’une femme afghane, américaine, congolaise, française, iranienne, israélienne, palestinienne, ukrainienne, soudanaise, c’est la même dignité, la même humanité.
Aux côtés du Président de la République, nous portons cette voix partout : aux Nations Unies, au Conseil européen, dans toutes les institutions internationales – à l’image de la réunion du G20 à Johannesburg où je me rendrai la semaine prochaine – dans chaque espace où se décident la paix, le développement et les droits humains.
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En ouvrant cette 4ᵉ Conférence ministérielle des diplomaties féministes, nous lançons un outil d’action concret qui rassemble États, société civile, chercheuses, bailleurs, fondations et organisations internationales.
Nos mots d’ordre sont clairs : résister, unir, agir.
Résister aux reculs, partout où les droits des femmes sont attaqués.
Unir nos forces, nos politiques, nos financements, nos diplomaties.
Agir pour que nos convictions et nos valeurs se traduisent en réalités concrètes, incontestables et, je l’espère, irréversibles.
Car aujourd’hui, trente ans après la Déclaration de Pékin, la question n’est plus :
« faut-il agir ? »
La question est : « Avec qui ? Et comment agir plus vite, plus fort, plus loin ? »
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Agir, c’est donner les moyens à celles et ceux qui changent déjà le monde.
C’est protéger et accueillir les défenseuses et défenseurs des droits humains, souvent en danger pour leur courage et leur engagement.
C’est financer les réseaux locaux, nationaux et internationaux qui travaillent au quotidien, parfois dans l’ombre, pour transformer des vies.
C’est soutenir les initiatives de la société civile là où elles ont le plus d’impact, là où chaque geste, chaque projet, chaque idée compte pour changer le cours des choses.
Plus que jamais, nous devons coordonner nos efforts.
Conjuguer nos forces.
Transformer la créativité et l’énergie du terrain en résultats durables, visibles et mesurables.
C’est dans cet esprit que je me suis rendue fin juin au Maroc, qui a choisi de rejoindre, avec la Slovénie, la coalition des politiques étrangères féministes que nous co-présidons avec la Colombie jusqu’en 2026.
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Car la diplomatie féministe est tout sauf une posture.
C’est une diplomatie de coalition, de solidarité et d’action concrète.
Une diplomatie qui ne se contente pas de parler des droits, mais qui les défend, les protège, les rend réels, ici et partout dans le monde.
Pour nos mères, pour nos sœurs, pour nos filles, menons le combat !